CFO externe vs contrôleur : quelle différence pour une PME en construction au Québec?
Dernière mise à jour : 10 oct.
C'est une des questions que j'entends le plus souvent.
"J'ai déjà un contrôleur. Pourquoi j'aurais besoin de toi en plus?"
C'est une bonne question. Et la réponse honnête, c'est que ça dépend pas de la taille de ton entreprise, mais de ce dont tu as besoin en ce moment.
Le contrôleur : la base d'une bonne gestion financière
Un bon contrôleur, c'est la colonne vertébrale de ta finance. Il ferme les mois, tient les livres à jour, prépare les états financiers, suit les comptes payables et recevables. Sans lui, ton entreprise roule dans le brouillard.
Le contrôleur s'assure que l'information financière est fiable et disponible. Selon son expérience et son mandat, il peut aussi participer aux analyses et aux prévisions. Mais dans une PME en croissance, il est souvent tellement occupé par le quotidien qu'il lui reste peu de temps pour accompagner le dirigeant dans ses décisions.
En construction, ça ressemble souvent à ça : tu reçois tes états financiers le 20 ou le 25 du mois suivant. Tu regardes les chiffres. Le chantier X a perdu de la marge, mais le chantier est déjà terminé depuis trois semaines. L'information arrive trop tard pour changer quoi que ce soit.
Le CFO externe : orienté vers les décisions à venir
Un CFO externe utilise ce que ton contrôleur produit et il le transforme en outil pour décider.
Concrètement, ça veut dire :
Regarder le cash non pas à partir du relevé bancaire, mais à partir d'une projection 13 semaines qui intègre tes chantiers en cours, tes retenues à recevoir, tes engagements à venir. Voir le creux avant qu'il arrive.
Suivre la rentabilité par projet pendant que le chantier roule, pas seulement à la fermeture. Détecter les écarts de marge assez tôt pour pouvoir agir pendant que le chantier roule.
Anticiper le respect de tes engagements financiers envers la banque et les impacts possibles sur tes décisions, notamment les investissements et les dividendes.
Être présent quand tu prends une décision à impact : accepter un nouveau contrat, investir en équipement, aller voir la banque, embaucher un surintendant de plus. Pas juste enregistrer la décision après coup.
Le contrôleur t'explique où tu en es.
Le CFO externe t'aide à décider où tu vas.
Un exemple chiffré en construction
Prenons une entreprise de construction qui réalise 22 M$ de chiffre d'affaires, avec dix chantiers actifs et un contrôleur compétent.
La marge brute globale est de 17 %. Ça semble correct.
Mais en regardant de plus près, on découvre que le tiers du chiffre d'affaires génère seulement 5 % de marge, alors que les deux autres tiers atteignent 23 %.
Malgré les profits, le cash est toujours serré.
Des factures qui sortent trop tard. Des retenues qui tardent à être libérées.
La rentabilité globale cache des écarts importants entre les projets et les problèmes de trésorerie ont leurs propres causes.
C'est le genre de situation où j'aime travailler avec le dirigeant, le contrôleur et les opérations pour comprendre ce qui se passe et surtout, pour agir.
Quand as-tu besoin de l'un, de l'autre, ou des deux?
Tu as besoin d'un contrôleur si tu n'as pas encore quelqu'un qui structure ta comptabilité au quotidien, ferme tes mois et tient tes livres à jour. C'est la base. Sans ça, rien d'autre fonctionne.
Tu as besoin d'un CFO externe quand tu as déjà cette base, mais que les chiffres ne t'aident pas vraiment à décider.
Quand le cash est imprévisible malgré les contrats.
Quand tu acceptes des projets sans vraiment savoir lesquels sont rentables.
Quand tu prends des décisions importantes seul, au feeling, parce que personne autour de toi ne comprend à la fois le terrain et les finances.
En PME de construction entre 5 M$ et 50 M$, c'est souvent le cas. Ton contrôleur fait son travail. Il te manque quelqu'un pour challenger tes décisions et faire avancer les dossiers avec toi. Pas nécessairement à temps plein.
Le modèle externe est fait pour cette zone.
Ce que ça change concrètement
Une meilleure visibilité permet de voir plus rapidement les marges qui glissent, les extras qui s'accumulent sans être facturés et les retenues qui tardent à être libérées.
Mais voir le problème ne suffit pas.
Il faut aussi décider qui fait quoi, mettre les bonnes personnes autour de la table et s'assurer que les actions suivent.
La question à se poser
Est-ce que tes chiffres t'aident à décider, ou est-ce qu'ils arrivent trop tard pour changer quoi que ce soit?
Si tu te reconnais là-dedans, on peut en discuter.
J'accompagne les dirigeants de PME en construction qui veulent mieux comprendre leurs chiffres, challenger leurs décisions et faire avancer leurs dossiers.
Maude Thibodeau-Rancourt, CPA auditrice Directrice financière externe, Le Résultat CPA, resultatcpa.ca

Commentaires